vendredi 23 mai 2008

Tochmarc Etain

Posted by Picasa
Dans un récit irlandais du 10ème siècle, Midir, roi féérique du monde de l'au-delà, tombe amoureux d'Etain et l'emmène chez lui pour en faire sa deuxième épouse. La première épouse, Fuamnach, n'est pas contente du tout. Mais pendant longtemps, le manuscrit étant lacunaire, on n'a pas su ce qu'elle avait fait à sa rivale.

On retrouve cependant Etain dans un autre manuscrit, enfermée dans une demeure ensoleillée, et amoureusement gardée par un autre dieu, Oengus, qui lui amène chaque jour des fleurs.

Les universitaires se sont longuement interrogés sur le sens de ce geste. Forts de connaissances en mythologie comparée, certains ont d'abord imaginé qu'Etain représentait la déesse de l'aube, contenant la lumière dans sa cage de verre. Puis les folkoristes ont fait un lien intéressant entre les mésaventures d'Etain et celles de Blanche-Neige, enfermée dans un cercueil de verre. Enfin, grâce aux lumières de la mythologie grecque, on a interprété ce mythe comme le pendant de celui de Perséphone, déesse de la moisson, prisonnière d'Hadès, le dieu des Morts.

Et puis voilà qu'au détour d'un autre manuscrit, un universitaire plus chanceux que les autres a retrouvé le passage lacunaire...
Et voilà que toutes les suppositions précédentes, les élégantes démonstrations, les brillantes conférences tombent en poussière!
La pauvre Etain avait tout simplement été transformée en insecte, genre gros papillon! Le papillon avait erré, ballotté par les tempêtes, avant d'être recueilli par Oengus.

Alors ce papillon, pour le nourrir, fallait bien lui apporter quelques fleurs, non?




mardi 13 mai 2008

Un grand moment de détresse

Aujourd'hui, rien ne va plus!
J'avais entendu dire que les grands du prêt à porter allaient revoir les mensurations nécessaires à l'établissement des tailles, qui ne correspondent plus à rien, il faut le dire!
C'est quand même un monde que je puisse plus m'acheter du 38 alors que j'ai même pas 38 ans!
Alors, à l'heure que je vous parle, assise devant le clavier de mon ordinateur, j'ai débouclé ma ceinture , et même ouvert le bouton de mon jean, histoire de pouvoir respirer. Et je me rappelle qu'il y a à peu près 15 ans, j'avais dû faire un trou à cette même ceinture parce qu'elle m'était trop grande, et voilà maintenant j'ai dû faire un autre trou à cette ceinture, parce qu'elle est trop petite.
Pour m'accabler vraiment, je joins une photo de me bourrelets qui dépassent du pantalon.
Grande résolution: je commence le régime (du coup, c'est pas la peine d'arrêter de fumer, on peut pas tout faire à la fois quand même), et demain, je vais à la gym et je fais des abdos à gogo!
En attendant, j'enfile la grosse veste qui cache tout et je vais me resservir une bière, y faut bien se remonter le moral.
A vous, des photos de vos bourrelets s'il vous plaît, ça me ferait tellement plaisir!
Posted by Picasa

vendredi 9 mai 2008

No Country for old Men


Aujourd'hui je viens de finir No Country For Old Men de Cormac McCarthy, le roman sur lequel est basé le dernier film des Frères Coen que j'ai même pas vu.
C'est bien. C'est même très bien.
Une construction intéressante dans laquelle on voit alterner des chapitres écrits à la première personne selon le point de vue désenchanté du Sheriff Bell, et d'autres chapitres de récit mettant en scène les différents personnages. Après les premières pensées de Bell, ce n'est pas la scène dans le désert qui inaugure le récit, mais celle qui met en scène Chigurgh tout menotté tuant le Deputy et s'échappant. C'est son premier exploit, ça donne le ton au roman.
Mais plus que le récit lui-même, la vraie réussite du roman, c'est le style des dialogues particulièrement elliptiques:
Pour donner une petite idée de ce que ça donne en anglais:

There's always somebody knows where you're at. Knows where and why. For the most part.

Are you talking about God?

No. I'm talking about you.

She ate. Well, she said. You'd be in a fix if you didn't know where you was at.

I don't know. Would you?

I don't know.

Suppose you was some place that you didn't know where it was. The real thing you wouldn't know was where someplace else was. Or how far it was. It wouldn't change nothin about where you was at.

She thought about that. I try not to think about stuff like that, she said.

La question du jour: c'est entre qui et qui ce dialogue?


mercredi 7 mai 2008

La Grande Famine


Sur les quais de Dublin, des personnages émaciés avancent en silence vers le bateau qui doit les mener vers une Amérique de l'abondance. Ils ont laissé derrière eux un lopin de terre et quelques pommes de terre malades, peut-être aussi un enfant qu'ils n'ont pas pu nourrir, ou des parents trop vieux pour faire le grand voyage, la plupart mourront dans des bateaux-cercueils. Ils sont plus grands que nous et ne nous regardent pas.
Ils sont le témoignage de la Grande Famine qui sévit entre 1845 et 1850.
Ils sont les ombres d'un passé que l'Irlande n'oublie pas.